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Risque de pénurie en eau potable : réduisons notre consommation

Risque de pénurie en eau potable : réduisons notre consommation

Risque de pénurie en eau potable : réduisons notre consommation Alerte sécheresse dans le Finistère
Le 12/10/2026 • Mis à jour le 12/10/2026 | 16h06

La situation de crise sécheresse du bassin versant de l’Odet, constatée depuis juillet dernier, est préoccupante. Malgré quelques épisodes pluvieux au cours des dernières semaines, les nappes et les cours d’eau ne se sont pas rétablis et les prévisions météorologiques ne permettent pas d'envisager d'amélioration à ce stade. Cette situation fait peser un risque sur l’approvisionnement en eau potable du territoire et appelle à une mobilisation immédiate de tous. Quimper Bretagne Occidentale appelle donc chacun à poursuivre et à renforcer ses efforts pour préserver la ressource en eau.

Sur le territoire, 55 % de l’eau habituellement produite provient des eaux superficielles et 45 % des eaux souterraines. Les récentes précipitations, trop faibles et trop ponctuelles, n’ont pas permis d’améliorer les débits des cours d’eau ni le niveau des nappes. En effet, le déficit pluviométrique est particulièrement critique depuis plusieurs mois : on enregistre des baisses de 96 % en juillet, de 49 % en août et de 79 % en septembre (chiffre provisoire, le mois n’étant pas encore achevé).

Pour garantir l’alimentation en eau potable, la collectivité doit davantage solliciter les deux réserves qui assurent la sécurisation de la ressource sur notre territoire : la carrière de Kerrous, gérée par l’Agglomération et la retenue de Saint-Michel, par l’intermédiaire du Syndicat mixte de l’Aulne. Ces réserves sont essentielles pour maintenir l’approvisionnement en eau potable, mais leurs niveaux nécessitent une vigilance renforcée, alors qu’aucune pluie significative n’est annoncée dans les quinze prochains jours. Dans ce contexte, le risque de pénurie ne peut être écarté et chaque économie d’eau compte.

Quimper Bretagne Occidentale en appelle à la responsabilité de chacun et demandent à l'ensemble des habitants, des entreprises, des agriculteurs, des associations et des collectivités de respecter les mesures de restriction en vigueur.

Des interdictions toujours essentielles

L’arrêté préfectoral plaçant le Finistère en état de crise sécheresse, et les mesures détaillées applicables aux usages de l’eau sont consultables sur le site des services de l’État du Finistère, sur le site national dédié (https://vigieau.gouv.fr) et en mairie.

Face aux tensions persistantes sur la ressource en eau, les interdictions mises en œuvre par le Préfet du Finistère sont plus que jamais primordiales :

  • Vidange et remplissage des plans d’eau et des piscines
  • Nettoyage des façades, terrasses, murs, escaliers, toitures, et vitres des locaux et bâtiments professionnels, ainsi que les tombes
  • Nettoyage des véhicules et des bateaux, y compris en station de lavage et aire de carénage
  • Nettoyage des voiries sauf pour raison sanitaire et de sécurité routière
  • Arrosage des pelouses, espaces verts, massifs floraux ou arbustifs (y compris en pot et dans les cimetières)
  • Arrosage des potagers (bacs et jardins) entre 8h et 20h, y compris des serres de pleine terre non équipées en goutte-à-goutte ou micro-aspersion
  • Arrosage des terrains de sport et de golf
  • Fonctionnement des fontaines d’agrément (publiques et dans les établissements recevant du public)

Des restrictions et interdictions s’appliquent également à l’utilisation de l’eau potable pour certains usages industriels ou pour l’irrigation agricole. L’objectif est de limiter les prélèvements dans les réserves de secours et de préserver la continuité de la distribution d’eau potable sur le territoire.

Le respect de ces mesures est essentiel mais pas suffisant. Il doit s’accompagner d’une réduction plus large des consommations quotidiennes. L’objectif est clair : limiter les prélèvements dans les réserves de secours et préserver, dans la durée, la continuité de la distribution d’eau potable.

Économies d’eau : les écogestes à adopter

Chaque litre d’eau économisé est décisif. L’effort de tous peut réellement sauvegarder nos réserves dans l’attente de pluies suffisamment abondantes et durables pour recharger les nappes et les cours d’eau.

  • Vérifier régulièrement l’étanchéité des chasses d’eau et des robinets et réparer rapidement toute fuite : elle peut représenter jusqu’à une vingtaine de m³ par mois.
  • Privilégier les douches de deux minutes aux bains et couper l’eau pendant que l’on se savonne. Cela permet d’utiliser six fois moins d’eau et d’éviter des dépenses énergétiques associées au chauffage de ces volumes.
  • Ne pas laisser couler inutilement l’eau du robinet : un robinet ouvert, c’est en moyenne 12 litres par minute. Installer, si possible, des mousseurs qui permettent de réduire le débit des robinets d’environ 50 %.
  • Utiliser le lave-vaisselle et le mettre en route uniquement lorsqu’il est plein. Pour un cycle, selon l’équipement électroménager, c’est environ 15 litres d’eau qui est utilisé, soit deux à trois fois moins d’eau que la vaisselle à la main.
  • Utiliser une chasse d’eau à double débit ou réduire le volume du réservoir avec un dispositif adapté.

Quimper Bretagne Occidentale remercie les habitants, les entreprises, les associations et l’ensemble des acteurs du territoire pour leur mobilisation.

Face au risque de pénurie d’eau potable, la vigilance et la sobriété de chacun sont aujourd’hui cruciales. La préservation de cette ressource essentielle est une responsabilité collective : chaque effort compte pour garantir autant que possible l’approvisionnement en eau potable dans les semaines à venir.

Tout comprendre sur la situation actuelle

La situation de sécheresse et les tensions sur la ressource en eau soulèvent des questions sur les risques pour l’approvisionnement en eau potable et les gestes à adopter.

  • Le territoire a connu des épisodes de pluies exceptionnelles en hiver dernier. Pourquoi sommes-nous aujourd’hui confrontés à un risque de pénurie en eau potable ?

Les fortes pluies hivernales ne garantissent pas des réserves suffisantes toute l’année. Une période de fortes pluies peut remplir les capacités de stockage limitées, mais une fois celles-ci atteintes, l’excédent s’écoule rapidement vers les rivières et ne peut être stockée durablement.

La situation s’est ensuite inversée : déficit pluviométrique marqué, précipitations en partie absorbées par la végétation et chaleurs exceptionnelles ont progressivement asséché les sols. En effet, le déficit pluviométrique est particulièrement critique depuis plusieurs mois : on enregistre des baisses de 96 % en juillet, de 49 % en août et de 79 % en septembre.

Cette situation est également liée aux caractéristiques géologiques de la Bretagne. Les sols et les roches y sont largement fracturés et ne permettent pas le stockage de très grandes quantités d’eau dans de vastes nappes souterraines, contrairement à certaines autres régions.

L’enjeu n’est donc pas seulement la quantité de pluie reçue, mais notre capacité à disposer d’eau en quantité suffisante dans la durée.

  • Il a plu ces derniers jours. Pourquoi parle-t-on de risque de pénurie en eau potable ?

Avec l’arrivée de l’automne, les pluies reviennent mais elles restent très inférieures aux normales saisonnières. Il faudrait des pluies régulières et suffisamment abondantes pour reconstituer les réserves. Comme une éponge sèche, les sols ont besoin de temps pour se réhumidifier. Les cours d’eau réagissent rapidement aux pluies, mais les puits et les forages ne se rechargent que progressivement. Ainsi, quelques jours de pluie ne suffisent pas à écarter le risque de pénurie d’eau potable : les cours d’eau peuvent temporairement retrouver des niveaux élevés sans que les réserves nécessaires à l’alimentation en eau soient durablement reconstituées.

  • D’où vient l’eau que nous consommons ?

Sur le territoire de Quimper Bretagne Occidentale, l’eau consommée provient principalement des eaux souterraines, captées par des puits, des forages et des champs captants, ainsi que des eaux superficielles, notamment celles du Steïr. Une partie de l’eau est également importée depuis le Syndicat mixte de l’Aulne. Le SMA, ou Syndicat Mixte de l’Aulne, prélève l’eau dans l’Aulne, la traite puis la distribue dans une partie du sud-Finistère. En cas de besoin, l’Agglomération dispose de solutions de secours, notamment le réservoir de la carrière de Kerrous.

  • Comment fonctionne la carrière de Kerrous ?

La carrière de Kerrous est une réserve d’eau d’environ 1 200 000 m³ qui permet de sécuriser l’alimentation en eau potable de l’Agglomération. Lorsque le débit du Steïr devient insuffisant, l’eau stockée à Kerrous est pompée dans l’Odet et restituée dans le Steïr selon les besoins en eau potable. Kerrous joue ainsi le rôle d’un réservoir permettant de stocker de l’eau en période humide pour la restituer en cas de besoin.

  • S’il reste de l’eau en réserve, pourquoi faut-il réduire dès maintznant notre consommation en eau potable ?

Les réserves disponibles sont précieuses, mais elles ne sont pas illimitées. Les solliciter davantage aujourd’hui pourrait réduire notre capacité à faire face si la sécheresse se prolonge. Chaque litre économisé permet de préserver les réserves et de contribuer au maintien de l’approvisionnement en eau potable pour tous : habitants, agriculteurs et entreprises.

Il faudra du temps, ainsi que des pluies importantes et régulières, pour retrouver une situation favorable. Chaque économie d’eau permet donc de gagner du temps et de préserver la ressource.