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Logement d’abord : l'Agglomération poursuit ses actions

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Logement d’abord : l'Agglomération poursuit ses actions

Logement d’abord : l'Agglomération poursuit ses actions Logement d'abord
Le 25/10/2022 • Mis à jour le 26/10/2022 | 10h12

En 2017, le gouvernement a lancé son plan quinquennal (2018-2022) pour le Logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme, à travers une réforme de l’accès au logement pour les personnes sans domicile. 23 premiers territoires avaient alors été sélectionnés pour intégrer le plan.

L’année dernière, un second appel à manifestation d’intérêt (AMI) était lancé auprès des collectivités territoriales, afin de sélectionner de nouveaux territoires de mise en oeuvre accélérée du plan Logement d’abord. Quimper Bretagne Occidentale, en tant que « chef de file » sur son territoire d’intervention, avait déposé un dossier de candidature. 23 nouveaux territoires avaient alors été retenus dont l’Agglomération, sélectionnée pour la qualité du projet de territoire présenté.

L’Agglomération s’est ainsi engagée aux côtés de l’État dans la mise en oeuvre d’un
programme d’actions afin de permettre aux personnes vulnérables, en situation de rue, hébergées ou en risque de rupture de domicile d’accéder, durablement à un logement.

Une convention pluriannuelle d’objectifs a été signée avec le préfet le 28 juin 2021. Une enveloppe globale de près de 490 000 € a été attribuée à Quimper Bretagne Occidentale pour mener à bien les actions définies dans la lutte contre le sans abrisme pour les deux années de mise en oeuvre.
Le plan d’actions, co-construit et mis en oeuvre sur le territoire, associe l’ensemble des partenaires suivants : le CCAS de Quimper, l’Agence Régionale de Santé, le Département du Finistère, la Fondation Abbé Pierre, la Fondation Massé Trévidy, Habitat et Humanisme, Etap’ Habitat, les bailleurs sociaux du territoire, Soliha AIS, la mission locale du Pays de Cornouaille, l’ADIL du Finistère.

Quimper Bretagne Occidentale : une candidature concertée, partenariale et des actions déjà engagées

Le sans-abrisme, la précarité sociale et la difficulté de nombreuses personnes à se loger ne sont pas des problématiques nouvelles. Soutenus par l’Etat et les collectivités locales, de nombreux acteurs agissent sur le territoire de Quimper Bretagne Occidentale.

Les travaux menés jusqu’à ce jour par l’Agglomération, dans le cadre de la conférence intercommunale du logement (CIL) et notamment la mise en place de la Commission Partenariale de Cornouaille pour l’Hébergement et le Logement, ont permis de mettre en évidence plusieurs indicateurs de précarisation de la population et les difficultés rencontrées pour l’accès au logement sur son territoire. Il apparaissait donc opportun pour Quimper Bretagne Occidentale, au titre de sa compétence en matière de politique locale de l’habitat, de répondre à l’appel à manifestation d’intérêt pour renforcer la mise en oeuvre du plan Logement d’abord.

Quimper Bretagne Occidentale a travaillé conjointement avec les services de l’Etat (DDETS, ARS) et les partenaires locaux de l’habitat et du logement (associations d’action sociale et médico-sociales, associations bénévoles, maraudes, etc.) pour proposer et structurer les actions à mettre en oeuvre et mieux cibler les personnes sans domicile au sens de l’INSEE, ainsi que les personnes en difficulté d’accès ou de maintien dans le logement, démarche essentielle dans la lutte contre l’exclusion et la réduction de la précarité.

Partant de ce constat, la ministre déléguée en charge du logement et le délégué interministériel de l’habitat et du logement (DIHAL), en charge de la lutte contre la pauvreté et le sans-abrisme, ont décidé d’attribuer à la communauté d’agglomération Quimper Bretagne Occidentale une enveloppe de 253 000 euros pour la première année dans le cadre de son engagement.

Les actions déjà mises en oeuvre afin de déployer la politique du Logement d’abord sont nombreuses : production de logements très sociaux (financés en PLAI-A), lutte contre l’habitat indigne, renforcement de la prévention des expulsions locatives, développement de l’intermédiation locative, conventionnements ANAH.

L’enveloppe dédiée spécifique va servir à de nouvelles actions : :

  • La consolidation de la Commission Partenariale de Cornouaille pour l’Hébergement et le Logement,
  • La création de l’équipe mobile Logement d’Abord,
  • La recherche de bâti ou non bâti rapidement mobilisable à moindre coût,
  • L’organisation de la Nuit de la Solidarité,
  • La mise en place d’une formation spécifique axée sur la lutte contre la pauvreté et le sans-abrisme,
  • L’organisation d’un colloque sur le Logement d’Abord.

La consolidation de la Commission Partenariale de Cornouaille pour l’Hébergement et le Logement

Cette instance partenariale, pilotée par Quimper Bretagne Occidentale, est co-animée entre le SIAO29 (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation du Finistère) et le CCAS de Quimper. Elle réunit des acteurs du logement, de l’insertion et de l’action sociale en traitant conjointement les questions liées à l’accompagnement social des ménages et celles liées au logement.

La consolidation de cette commission s’inscrit dans une dynamique de territoire élargie à la Cornouaille et au pays de Quimperlé Communauté. L’objectif est de tisser du lien, renforcer les partenariats, d’engager des réflexions à long terme. En 2021, cela représente 25 commissions, 444 demandes traitées, soit 705 personnes.

La création de l’équipe mobile Logement d’abord

L’équipe, composée d’une infirmière coordinatrice, d’un éducateur spécialisé et d’une conseillère en économie sociale et familiale, a pris ses fonctions au mois de février 2022.

Elle vise à terme la réduction du sans-abrisme et se traduit en quatre objectifs spécifiques :

  • Orienter rapidement les personnes vers un logement pérenne,
  • Accompagner les personnes pour se maintenir dans le logement,
  • Identifier et analyser les besoins des personnes en corrélation avec les différents dispositifs existants sur le territoire,
  • Contribuer à la dynamique de logement d’abord sur le territoire.

L’équipe de Quimper Bretagne Occidentale propose une approche pluridisciplinaire et
coordonnée en intégrant les dimensions sociales et sanitaires, dans le but de renforcer et articuler l’accompagnement vers et dans le logement.

Les personnes concernées sont localisées sur le territoire de Quimper Bretagne Occidentale, en situation de rue, hébergées ou en risque de rupture logement et sont identifiées avec le besoin de bénéficier d'une démarche d'aller-vers et d'un accompagnement pluridisciplinaire.

Il peut s’agir de :

  • Personnes en situation de non-recours aux droits, ne se manifestant pas auprès des institutions et en situation d'isolement ou dans le déni de leur situation sociale/santé,
  • Personnes qui n’adhèrent pas à l’accompagnement social ou ayant bénéficié des dispositifs de droits communs : Accompagnement Social Lié au Logement, Inter Médiation Locative,
  • Personnes inscrites sur liste d’attente pour des dispositifs d’hébergement type Centre Hébergement et de Réinsertion Sociale, Allocation Logement Temporaire, résidence sociale,
  • Personnes en procédure d’expulsion/de logement classé péril imminent/insalubrité reconnues par le service habitat de Quimper Bretagne Occidentale, pour lesquelles les interventions sociales de droit commun n’ont pas été opérantes.

L’équipe mobile Logement d’abord développe la démarche « d’aller vers » et rompt avec l’idée de l’intervention sociale institutionnelle qui fonde le travail social par une logique de réponse par dispositifs. Il s’agit bien, en allant au-devant des personnes sans solution de logement ou en risque de rupture, d’établir le lien avec elle, d’évaluer et de répondre aux besoins nommés par la personne, en dépit des normes ou projections sociétales. Le développement du pouvoir d’agir des personnes résonne aussi comme valeur majeure de l’accompagnement.
Ainsi, l’accompagnement commence là où est la personne (à la rue, chez un tiers, dans un logement qu’elle doit quitter…) et se poursuit tant que la situation vis-à-vis du logement n’est pas stabilisée. Si l’accès au logement est une étape, la finalité est bien d’apporter toutes les sécurités nécessaires au maintien dans les lieux.

L’accompagnement mis en oeuvre se distingue par son individualisation, sa globalité, sa flexibilité et sa modularité. Il s’agit de s’adapter aux besoins, d’apporter un étayage éducatif, social, sanitaire… pour se recentrer progressivement sur les véritables enjeux que doivent résoudre les personnes accompagnées : être en capacité de bénéficier des droits du locataire et d’en respecter les devoirs à savoir : payer son loyer et ses charges, entretenir son logement pour veiller à la sécurité de soi et du voisinage, s’intégrer dans son environnement.

En pratique, il est envisagé d’accompagner simultanément 30 personnes sur des durées aléatoires. A ce stade, une dizaine d’accompagnement a débuté. A noter que les travailleurs sociaux, et acteurs locaux peuvent interpeler l’équipe ou compléter une fiche d’orientation pour solliciter son évaluation.

En parallèle, avec une volonté d’ajustement territorial, l’élaboration du projet et notamment son articulation territoriale, continue de se construire au fil des rencontres partenariales et de l’expérimentation commencée au printemps.

L’organisation de la Nuit de la Solidarité

La volonté de mener des actions de lutte contre l’exclusion au plus près des besoins des personnes sans domicile stable nécessite de disposer de connaissances locales fines et actualisées du public, de leurs besoins et attentes.

L’organisation de la Nuit de la Solidarité s’inscrit dans le contexte du mal logement et consiste à recenser les personnes sans-abri sur un territoire. Cette opération a été coordonnée par la DIHAL (Direction Interministérielle à l’Hébergement et à l’accès au Logement), qui suit la mise en oeuvre du projet à l’échelle nationale. Le CCAS, en tant qu’opérateur, a été en charge de la mise en oeuvre opérationnelle de l’évènement.

La Nuit de la Solidarité s’est tenue le 20 janvier 2022, de 18h à 23h. Il s’agissait d’une première édition sur le territoire de Quimper. L’objectif était de décompter les personnes sans abri en allant à leur rencontre, et de mieux connaitre les populations concernées et leurs besoins. Les données sociodémographiques récoltées ont permis d’alimenter un diagnostic partagé pour mieux identifier les besoins du territoire et ainsi permettre d’adapter les politiques publiques de lutte contre le sans-abrisme. La démarche de comptage s’est faite à
travers la passation d’un questionnaire, qui a été support à l’échange. Il s’agissait de recueillir un certain nombre d’informations de la population concernée.

Cette opération a été réalisée avec le soutien de volontaires : bénévoles issus d’associations d’entraides, professionnels du secteur social, élus.
Le territoire a été découpé en plusieurs secteurs. Le périmètre retenu était le centre ville élargi avec la création de 8 parcours entre trois et quatre kms qui prenaient en compte les lieux potentiels où sont identifiés des personnes sans-abris. Ils ont été définis avec l’aide des associations de maraude qui ont partagé leur connaissance/expérience du terrain.

Données récoltées (à nuancer compte-tenu de la mauvaise complétude des questionnaires, de la météo particulière de cette soirée et de la concomitance avec une maraude effectuée par des associations) : 16 questionnaires ont été retournés, ce qui correspond à 16 personnes rencontrées (2 femmes, 13 hommes, 1 non-réponse).
Sur cette base, 6 personnes n’avaient pas de solution d’hébergement pour la nuit du 20 janvier 2022 (gare, rue, voiture, squat, soit 43%) : principalement des hommes dont l’âge se situe entre 40 et 54 ans, de nationalité française.

Concernant la mobilisation bénévole (bénévoles issus d’associations d’entraides, professionnels du secteur social, élus), 34 personnes ont participé : 15 femmes et 18 hommes, d’une moyenne d’âge située entre 55 et 69 ans (dont 16 professionnels du secteur social et 15 bénévoles au sein d’associations d’entraides du territoire de Quimper ce qui a permis de créer une dynamique d’équipe mixte.)

Cette pluralité d’expériences a facilité la démarche « d’aller vers » et permis de favoriser les échanges de tous ceux qui interviennent dans le champ de l’exclusion, et ainsi décloisonner les pratiques, et favoriser l’interconnaissance. Cette approche multi-partenariale a été vecteur d’enthousiasme de la part des participants. Les compétences et connaissances individuelles ont été mises à profit du collectif et ont permis d’envisager l’opération de la Nuit de la Solidarité dans une vision et un partage commun de la question du sans-abrisme sur le territoire de Quimper.

Les retours des participants sont positifs et constructifs pour projeter l’édition 2023. La totalité des personnes ayant répond à un questionnaire de satisfaction souhaitent participer de nouveau à l’évènement l’année prochaine. Une restitution auprès de l’ensemble des participants s’est tenue le 27 avril.

La mise en place d’une formation spécifique axée sur la lutte contre la pauvreté et le sans-abrisme

Dans le cadre de l’AMI Logement d’abord, des professionnels de la Fondation Massé Trévidy et du CCAS de Quimper ont pu suivre une formation, la Recherche Action Qualifiante, élaborée par le Collège Coopératif de Bretagne.

La Recherche Action Qualifiante (RAQ) rassemble un consortium d’associations agissant sur le champ social au sein du Finistère et du Morbihan. Elle a pour objectif de délivrer une formation qualifiante à des personnes qui s’engagent dans une remise en mouvement de leur positionnement professionnel. Les personnes inscrites dans ce cursus sont appelées, dans une démarche d’acculturation partagée, à devenir les acteurs dynamiques de l’innovation sociale au sein des organisations.

Le contenu pédagogique est développé par le Collège Coopératif de Bretagne (CCB) qui propose une formation fondée sur la pédagogie coopérative et fortement inscrite dans le champ expérientiel des acteurs. La double référence à la recherche et à l’action se décline par le souci permanent d’associer soutien à la réflexivité et contribution aux dynamiques personnelle et/ou collective possiblement porteuses de transformation sociale.

L’articulation étroite entre formation et action se décline en particulier sous deux formes : la production d’un mémoire de recherche-action et l’engagement d’expérimentations collectives.

Les professionnels inscrits qui valideront la formation obtiendront un Diplôme de hautes études des pratiques sociales (DHEPS). En parallèle, les stagiaires travaillent en sous-groupes et développent des actions au plus proche des territoires.

Au coeur de l’AMI, cette formation participe à une meilleure compréhension de la complexité des situations et des parcours des personnes en situation de précarité et à l’adaptation des méthodes de travail et des réponses. Le partage des savoirs acquis doit être porté par les stagiaires afin de rayonner au sein de leurs institutions et territoires d’intervention afin que celle-ci se développe à grande échelle et participe à une acculturation dynamique.

Des groupes de travail sont projetés pour réfléchir, entre partenaires pilotes et co-pilotes (La Fondation Massé Trévidy, Quimper Bretagne Occidentale et le CCAS), aux espaces, à la temporalité qui permettra de reverser, retraduire ces savoirs au plus grand nombre et de pouvoir soutenir les stagiaires dans leur rôle de porte-parole d’une évolution des pratiques professionnelles.

L’organisation d’un colloque sur le Logement d’abord

L’organisation du colloque sur le Logement d’abord s’inscrit au coeur de l’accompagnement vers le changement des cultures et pratiques professionnelles. Il a été construit dans son contenu par le CCAS de Quimper, la Fondation Massé Trévidy, la Fondation Abbé Pierre, Habitat et Humanisme et partagé avec l’ensemble des partenaires de Quimper Bretagne Occidentale associés à la mise en oeuvre de l’AMI.

Deux objectifs ont été retenus :

  • Mobiliser les acteurs du territoire
  • Partager une vision commune du Logement d’abord

Il s’agit de rassembler des partenaires du territoire (élus, acteurs sociaux, associations, bailleurs, travailleurs sociaux) et de poursuivre cette mobilisation réflexive sur le logement d’abord. Le contenu a été réfléchi afin de donner à voir les actions déjà en oeuvre sur le territoire (mesures d’Intermédiation locative et de Logement d’abord), les initiatives pratiquées sur d’autres territoires, et ainsi de pouvoir valoriser la philosophie Logement d’abord, dans une idée d’acculturation professionnelle.