Enseignement supérieur : Qualité et diversité

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Enseignement supérieur : Qualité et diversité

Enseignement supérieur : Qualité et diversité Le Mag + n°95
Le 18/11/2021 • Mis à jour le 19/11/2021 | 09h27

La rentrée dans les 20 établissements d’enseignement supérieur de l’agglomération s’est déroulée de façon presque normale. Le territoire est attractif, avec 110 formations très diverses, généralistes, très spécialisées ou d’excellence, en adéquation avec les besoins en emplois. Sur des campus à taille humaine, près de 5 000 étudiants apprécient la qualité des enseignements. Quimper Bretagne Occidentale travaille aujourd'hui à renforcer l'offre de formations supérieurs dans le territoire. C'est un enfeu d'attractivité.

Bien sûr, les masques et les gestes barrières sont de mise et l’inquiétude de nouvelles restrictions sanitaires plane toujours. Mais cette rentrée 2021 a été marquée, pour la grande majorité des étudiants, par le plaisir de se retrouver en présentiel.

« Ici, les profs nous connaissent »

« Ici, les profs nous connaissent un par un, ils sont ouverts, témoigne Emilie Rodrigues, en 3e année de bilicence droit et histoire de l’art, présidente de l’association Sen’art. La détresse de certains étudiants l’an dernier était réelle. J’ai participé à l’épicerie solidaire et à cette occasion j’ai entendu des phrases terribles, par exemple : “Vous avez sauvé des vies pendant le confinement”. » Originaire de Seine-et-Marne, admise à la Sorbonne, elle a opté pour Quimper après le bac : « J’ai été aussitôt “acceptée”, je m’y sens en sécurité et la culture y est si riche ! »

Quant à Yohan Guiche, en 3e année de licence de droit, président de l’association Acid, il vient de Pau. « La Bretagne me faisait rêver, je voulais de la proximité avec les équipes pédagogiques et administratives : je suis ravi ! De février à juin, on a monté des partenariats passionnants avec des structures solidaires, on cherche un local pour pérenniser l’épicerie sociale. Cette rentrée est plus sereine que la précédente. »

Droit au BUT

Les responsables d’établissements sont aussi raisonnablement optimistes, tel Jean-Luc Le Cam, directeur de l’Institut Universitaire de Technologie de Quimper : « Les conditions sanitaires sont plus favorables, 93% des étudiants sont vaccinés ou en passe de l’être, ce qui permet de faire tout l’enseignement en face à face. Nous avons réussi, je pense, à limiter les décrochages du fait des structures par classe, des dérogations pour les travaux pratiques en présentiel, de l’attention portée aux étudiants isolés. »

Comme tous les IUT de France, celui de Quimper (1300 étudiants) vit « la réforme la plus importante depuis leur création : le nouveau diplôme, le Bachelor Universitaire de Technologie (BUT), porte les étudiants au grade de Licence en trois ans au lieu de deux pour le DUT auparavant et met encore plus l’accent sur la professionnalisation, afin de correspondre aux besoins des entreprises. L’alternance se développe, ainsi que les projets tutorés, à hauteur de 600 heures. Notre IUT jouit d’une bonne réputation, grâce à la qualité de ses enseignants et à leur dialogue avec les étudiants. Il a contribué, depuis son ouverture en 1969, à faire passer Quimper de “ville moyenne” à “ville universitaire”. »

Savoir se renouveler

On compte presque autant d’étudiants sur l’autre site de l’UBO à Creac’h Gwen : ils sont 1200 au pôle Pierre-Jakez-Hélias, inscrits à la faculté des lettres et sciences humaines et à la faculté de droit (licences et masters), à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE), 130 étudiants, c’est la deuxième rentrée sur ce site. « Nos étudiants ont mesuré l’enjeu des contraintes sanitaires, cela se passe bien, se félicite Philippe Guillou, directeur. Nous avons la chance d’être une structure relativement petite, et tout le personnel est attentif. »

Parmi les nouveautés, l’on peut citer la licence accès santé : en plus du droit en présentiel, l’étudiant suit, en ligne, des cours lui permettant de s’orienter vers les secteurs médicaux et paramédicaux. Il faut noter le succès de la bilicence droit et marché de l’art, la rareté de la licence tourisme et patrimoine. « Le pôle peut être fier du maintien d’une telle offre. Il sait se renouveler, être réactif, en lien avec les acteurs locaux et en particulier Quimper Bretagne Occidentale, avec qui la collaboration est efficace. »

Au sein de l’UBO, l’École Supérieure d’Ingénieurs en Agroalimentaire de Bretagne atlantique (ESIAB) continue également à se développer, par apprentissage ou sous statut d’étudiant, avec un recrutement à bac + 2 : on compte 150 inscrits cette année à Quimper.

Un BTS bioqualité

Les BTS quimpérois forment 1 400 étudiants. Au lycée Chaptal, une 7e section vient d’ouvrir : le BTS Bioqualité, peu répandu. « Il n’est pas destiné seulement à l’agroalimentaire, il concerne aussi l’environnement, la cosmétique, la pharmacie, détaille Serge Kerbiquet, proviseur. Son ancrage territorial est fort, le recrutement est national mais plus centré sur le Grand-Ouest. Il reçoit d’excellents échos des entreprises. Nous multiplions les partenariats, par exemple avec l’hôpital, la cuisine centrale (précédemment Symoresco). Nous mutualisons des plateaux techniques avec l’IUT, l’IFRIA... »

Du côté des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) quimpéroises, l’esprit n’est pas à la compétition mais à la réussite de tous les élèves. Avec succès, et très peu abandonnent en cours de route (voir l’encadré).

En prépa : donner confiance

Au lycée de Cornouaille, l’effectif de la première (et unique) année de CPGE littéraire (hypokhâgne) est passé de 20 en 2020 (en raison des méandres de Parcoursup) à 37 cette année. « On peut parler d’ambiance familiale et la pédagogie est basée sur l’accompagnement, décrit Aurore Le Gac, professeur de français et de grec. Les trois quarts des étudiants sont internes. Le partenariat avec le théâtre est passionnant. 80 % poursuivent dans une khâgne choisie en fonction de leur profil. »

À Brizeux, ils sont 41 en première année scientifique et 51 en deuxième année, confortablement installés dans le tout nouveau bâtiment des sciences du lycée. « Nous sommes très proches de nos élèves et les incitons à avoir confiance en eux, quel que soit leur niveau, indique Mickaël Roger, professeur de mathématiques. Ainsi, quand ils sont admissibles aux concours, souvent ils sont admis ! 92 % intègrent une école d’ingénieurs. » Il rappelle que ces études sont gratuites.

Professionnalisation et alternance

À l’EMBA Business School, les effectifs sont stables : 500 apprenants, dont 237 au sein de la filière commerce international Asie (Isuga), qui proposera trois journées thématiques grand public, les Isuga Days : le 11 décembre (Corée, la section compte 107 étudiants), le 22 janvier 2022 (Japon, 78) et le 5 février (Chine, 43). Le master manager du développement d’affaires se décline en trois filières : achats, luxe, marketing digital. L’accent est mis sur la professionnalisation, des experts interviennent dans les master classes.

L’alternance a le vent en poupe à l’ENI École informatique où, lorsque l’étudiant a trouvé une entreprise, certaines rentrées sont possibles toute l’année (quatre campus et un en ligne). Elle recrute dès le bac général ou technologique, et forme jusqu’à bac + 4, notamment en systèmes et réseaux, en concepteur développeur d’applications. Les études sont financées par la Région où les entreprises et les débouchés sont nombreux.

Ce petit tour d’horizon des formations quimpéroises n’est bien sûr pas exhaustif : il en existe dans bien d’autres domaines, et des projets sont en cours : par exemple, Quimper Bretagne Occidentale lance une étude sur une école d’ingénieurs du secteur industriel.

Au salon !

Le 15e salon Studyrama des études supérieures se tiendra le samedi 27 novembre. Il permettra de se renseigner sur ce qui est proposé à Quimper, sur 400 formations de bac à bac+5,de rencontrer des responsables d’établissements, des enseignants et des étudiants. Des conférences sont prévues : Parcoursup, grandes écoles, préparation aux concours, etc.

Au Parc des expositions Quimper Cornouaille, salle l’Artimon, de 9 h 30 à 17 h, entrée gratuite.

3 questions à Forough-Léa Dadkhah

Vice-présidente chargée de la Recherche, de l’Innovation, de l’Enseignement supérieur, de l’Ingénierie financière.

  • Comment s’est déroulée cette rentrée ?

Nous nous en réjouissons : aussi normalement que possible. La collectivité doit être vigilante sur l’accompagnement psychologique des étudiants, être à leur écoute, éviter les décrochages. Nous mettons en œuvre des dispositifs, dont un budget participatif dédié, afin de les impliquer pleinement, en lien avec les associations et la communauté éducative, sur des demandes concrètes : animations culturelles, événements festifs, colloques, activités de bien-être, etc.

  • Comment l’enseignement supérieur favorise-t-il l’attractivité du territoire ?

Je me demande si les Cornouaillais ont idée de la richesse de l’offre : elle est très large ! Elle permet de « garder » notre jeunesse sur place. Je souhaite, à partir d’un diagnostic des attentes des entreprises, réactiver les commissions emploi-formation pour répondre rapidement à leurs besoins, dans l’industrie, l’aide à domicile, etc. Il faut que tous les acteurs se parlent davantage, l’État y compris.

  • Au Conseil régional, vous êtes vice-présidente chargée de l’emploi, de la formation et de l’orientation. Est-ce un atout ?

Oui, il y a une complémentarité entre ces mandats. Par exemple, la Région peut activer des leviers de formation professionnelle. À la Cornouaille d’être agile et réactive ! La Région s’intéresse également à l’expérimentation du budget participatif et à l’engagement des étudiants.

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