Université : il y a 50 ans naissait l’IUT

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Université : il y a 50 ans naissait l’IUT

Université : il y a 50 ans naissait l’IUT L'IUT de Quimper en construction en 1972Photo : archives
Le 08/09/2019 • Mis à jour le 24/09/2019 | 11h27

L’IUT a 50 ans. Sa naissance ne fut pas le fruit du hasard, d’une obscure décision ministérielle, mais le résultat d’une volonté partagée d’accroître l’offre de l’enseignement supérieur et d’équilibrer le bipolarisme du département (Brest - Quimper).

Il fallut des années d’efforts à la Ville aidée par la Chambre de commerce, le CECOR (Comité d’expansion économique de Cornouaille), de nombreux sacrifices financiers et le soutien de l’Université de Brest pour obtenir l’établissement d’un Institut universitaire de technologie puis en développer les différentes filières.

Obtenir l’IUT

Créés par décret du 7 janvier 1966, les IUT allaient permettre la formation en deux ans de techniciens nécessaires à l’économie. Dès le 28 juin 1966, une délégation conduite par le maire Yves Thépot, comprenant des membres de la CCI, de la Chambre d’Agriculture et du CECOR, rencontrait le recteur d’Académie.

Quimper, retenue parmi les propositions d’implantations d’IUT, fut inscrite au VIe Plan. Mais le 13 juillet 1967 une dépêche ministérielle douchait froidement les attentes quimpéroises, en remettant, sine die, le projet. Le dossier quimpérois n’était pourtant pas dépourvu d’atouts. La municipalité mettait gratuitement à disposition de l’Éducation nationale un bel ensemble foncier de près de 21 hectares route de Bénodet. La Chambre de commerce proposait de financer une cité universitaire et un restaurant.

Le 27 septembre 1968, Jacques Trorial, secrétaire d’État à l’Éducation nationale, répondait à la pression d’Edmond Michelet, député de la circonscription de Quimper puis ministre d’État chargé des affaires culturelles, qu’il « avait décidé d’implanter un IUT à Quimper, que les disponibilités budgétaires ne permettraient la construction de ce nouvel établissement qu’en 1970 mais qu’il ne serait pas opposé à l’ouverture d’un département à la rentrée universitaire de 1969, s’il apparaissait que des locaux provisoires pouvaient être utilisés ».

En accord avec l’Université de Brest, le doyen de la Faculté de lettres, Alice Saunier-Séité, chargea un enseignant, Lucien Le Cam, de la mise en place et de la direction du futur IUT.

Cet universitaire, géographe de spécialité, également membre du bureau du CECOR, dirigeait les études présentées aux élus et décideurs régionaux.

Première promotion

Convaincue de l’importance du projet, la municipalité Goraguer s’engageait le 27 décembre 1968 à financer des locaux provisoires comportant un amphithéâtre de 100 places sur un terrain situé à l’arrière de la mairie d’Ergué-Armel. L’architecte retenu, Yves Guillou, de Vannes, avait déjà réalisé l’Ecole nationale de professorat (ENP) de la Tourelle.

Le 2 juillet 1969, un arrêté ministériel portait enfin création à Quimper d’un premier département de techniques de commercialisation.

Le 24 octobre, le maire de Quimper et Lucien Le Cam, directeur de l’institut, assistaient à la réception provisoire des travaux.

Le 12 novembre, 57 étudiants inscrits firent leur rentrée. Ils seraient 126 l’année suivante et 260 en 1971. L’inauguration n’eut lieu que le 18 décembre 1969 en présence d’Edmond Michelet. Le ministre, conscient du rôle de chacun dans cette réussite collective, déclara : « Le bon sens et l’intuition ont su triompher de la technocratie. Quimper se devait de posséder cet institut. […]. Le ministre de passage trouve ici le réconfort de ce que peuvent faire les hommes quand ils veulent quelque chose. Loin de recueillir pour moi le merci que vous m’avez adressé je vous le retourne et vous dis merci du fond du cœur. »

Les travaux des premiers bâtiments définitifs de l’IUT durèrent sept mois. La réception définitive intervint le 22 juin 1972. Le projet était de l’architecte Jacques Carlu, 1er prix de Rome et membre de l’Institut, bâtisseur du Palais de Chaillot, du siège de l’OTAN et du théâtre de Rennes. L’IUT allait désormais pouvoir jouer de ses atouts pour la Cornouaille.