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Budget 2019 : s’investir et investir

Budget 2019 : s’investir et investir Jean-Hubert Pétillon, maire de Briec, premier vice-président de Quimper Bretagne Occidentale délégué aux finances
Le 25/02/2019 • Mis à jour le 25/02/2019 | 16h49

Éléments de contexte, évolutions, incertitudes, ajustements, axes forts, Jean-Hubert Pétillon, maire de Briec, premier vice-président de Quimper Bretagne Occidentale délégué aux finances, n’élude aucun des aspects majeurs de la politique budgétaire de l’Agglo.

Il s’agit du troisième budget de Quimper Bretagne Occidentale, comment le définir ?

Il est raisonnable, ambitieux… et élaboré dans un contexte particulièrement mouvant.

À cause de la DGF, notamment ?

La baisse de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), particulièrement rapide et forte en début de mandat, s’est certes stabilisée à enveloppe constante à l’échelle de notre agglomération. Mais il ne s’agit là que d’un « confort » relatif, puisque certaines communes, pourtant moins bien loties que d’autres, ont vu leurs dotations amputées suite à la fusion entre Quimper Communauté et le Pays Glazik.

Que dire des incertitudes concernant la taxe d’habitation ?

Cette réforme, dont nous ignorons à ce jour le contexte précis, inquiète les collectivités locales. Les déclarations récentes du Président de la République font part d’un dégrèvement

pour tous les contribuables. Qu’en sera-t-il de l’engagement de l’État qui se substitue à eux pour verser cet impôt ? Sera-t-il tenu dans la durée ? Sur quel montant se fera cette compensation ? Cette exonération prive les collectivités locales d’un lien fiscal avec les contribuables. Je trouve cela dommage.

Côté évolution, en quoi l’adoption du projet communautaire en juin 2018, a-t-elle conforté l’agglomération ?

Cette approbation a influé positivement sur des pans entiers de nos ambitions collectives : rayonnement de la Cornouaille, affirmation en tant que territoire intelligent et durable, renforcement des services aux habitants partout et à tous les âges de la vie. Accessibilité, développement économique, recherche et innovation, formation, tourisme… toutes ces dimensions se reflètent dans nos choix budgétaires.

Autre élément nouveau induit par la fusion : le pacte de solidarité fiscale et financière. Quel en a été l’impact immédiat ?

La fusion a eu pour effet d’augmenter le potentiel financier des communes du territoire de l’ancien Pays Glazik et de la commune de Quéménéven, ce qui a engendré pour celles-ci une diminution des dotations de péréquation (répartition à l’intérieur d’un même territoire). La mise en oeuvre d’une compensation dégressive et limitée à quatre ans a été décidée en leur faveur par les élus communautaires en octobre dernier.

Enfin, dernier changement et non le moindre, les transferts de compétences. De quoi s’agit-il ?

Rappelons avant tout leur raison d’être : garantir la continuité, et faciliter l’amélioration des services rendus à l’ensemble des habitants dans nos 14 communes. Les deux principaux transferts de compétences des communes vers l’Agglomération, effectifs depuis le 1er janvier, concernent la petite enfance et la gestion des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad), cette dernière étant désormais confiée au Centre intercommunal

d’action sociale (CIAS). La nature même de ces transferts offre à l’Agglo un visage encore plus humain qu’il ne l’était, puisqu’ils s’attachent à des moments de l’existence auxquels nous sommes tous particulièrement sensibles : les premiers pas et la fin de vie. Ils ont également pour conséquence, compte tenu de l’importance des structures et des moyens humains concernés, qu’il y a désormais davantage d’agents opérant dans la sphère de Quimper Bretagne Occidentale qu’il n’y en a au service de la ville de Quimper. Cette situation sans précédent symbolise la montée en puissance de l’agglomération.

Ces responsabilités nouvelles engendreront-elles des coûts supérieurs ?

Proportionnellement non ! Il y aura bien sûr du fait des transferts de compétences 7 millions d'euros de charges de personnels dans les comptes de Quimper Bretagne Occidentale.

Mais cela ne remet nullement en cause notre mode de fonctionnement. La politique budgétaire de l’Agglo repose depuis bien longtemps sur un juste équilibre entre modération et ambition. Nous ajustons en permanence missions et moyens, avec pragmatisme et efficacité.

Les impôts vont-ils augmenter ?

Pour ce qui est des particuliers, nous ne touchons à rien pour ce qui relève de notre responsabilité, c’est-à-dire les taux, la détermination des bases étant du ressort du Parlement.

Pour ce qui concerne les entreprises assujetties au versement transports, l’effort demandé, qui est d’ailleurs loin d’atteindre le seuil maximal, a pour but de fournir à la collectivité les moyens de développer progressivement son offre de mobilités, notamment sur le territoire de l’ex Pays Glazik.

L’endettement reste-t-il aussi bas ?

Absolument, nous pourrions rembourser nos dettes en deux ans, ce qui est un ratio assez exceptionnel. Cette crédibilité nous permet d’emprunter à des conditions optimales, ce dont nous nous gardons d’ailleurs bien d’abuser. D’autant plus qu’en fin de mandat, il apparaîtrait notoirement inélégant d’obérer la marge de manœuvre du suivant… voire du sortant.

Tout cela permet donc d’investir, mais dans quels domaines ?

Les dépenses d’investissement s’élèvent cette année à près de 13 millions d'euros. Les principaux domaines d’intervention sont l’habitat (aide à la pierre et OPAH-RU), le numérique (plaque fibre Edern-Briec, sur plusieurs années), l’économie, les transports avec le pôle d’échanges multimodal (PEM), la construction de la médiathèque de Guengat, la construction du bâtiment accueillant la DCSI (services informatiques communautaires) ainsi que les crédits d’étude de programmation pour la grande salle multifonction.

Et si l’on regarde à plus long terme, que distingue-t-on ?

Les mêmes sujets pour l’essentiel mais, effectivement, avec davantage de profondeur de champ. Pour les opérations structurantes, sur un montant total d’un peu plus de 30 millions d'euros sur la période 2019-2022, 12 millions d'euros sont consacrés au PEM, 5 millions d'euros à la programmation et la maîtrise d’œuvre de la salle multifonction grande capacité, 4,8 millions d'euros à l’accompagnement de la requalification du quartier de la gare, 3,45 millions d'euros à la restructuration de la piscine Kerlan-Vian, 2 millions d'euros à la restructuration des locaux de l’EESAB, 1,7 million d'euros pour le bâtiment devant accueillir la DCSI, 700 000 euros à la médiathèque de Guengat.

Concluons par un projet hautement fédérateur : le pôle métropolitain. Qu’en attendez-vous ?

Ce futur bassin de vie est en phase préparatoire. Il est indispensable à l’essor de la Cornouaille. Il incarne un territoire cohérent, moteur dans le paysage finistérien. Il existe de fortes chances pour que les sept communautés concernées s’accordent pour le créer. Il s’agit d’un espace qui a du sens et sera en capacité de défendre et promouvoir les intérêts de tous : notoriété, attractivité, accessibilité… Quand un territoire développe son économie, son tourisme, sa créativité, il travaille aussi pour ceux qui se trouvent à ses côtés.

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